« L'odeur aigre de ton retour »
A lire , en écoutant ça : x La silhouette d'un jeune homme sombre , se dessine dans les taches de lumières dessinées par les arbres , au fin fond du parc . Il marche aussi vite que sa cigarette se consume dans sa bouche . Il est exténué , brisé par ses derniers jours , et ses pieds le dirigent tout seul vers l'endroit voulu . Ca faisait bien quatre cinq mois qu'il n'était pas revenu , et pourtant sa décision était ferme . Même si ses mains tremblent , que sa lèvre inférieure porte mal sa cigarette , que ses jambes flageolent de fatigue , il avance déterminé , prêt à affronter de nouveau son passé .
Dans ce vieil appartement , en plein centre de la ville , une jeune femme reste avachie sur un fauteuil , s'amusant à créer des ronds de fumée , laissant tomber la cendre de sa drogue par le bord de la fenêtre et abandonnant sa tête au fil de la musique qui défile dans toutes les pièces . Les notes du piano résonnent aussi fort que son c½ur et elle pense . Elle réfléchis à ces souvenirs , ces rires fantômes , ces regard fait d'illusion et ces mots ... Ces dernières paroles . Elle jette son mégot dans le vide et bouscule le siège de son genou . Putain encore et encore . Elle n'avait jamais réussi à oublier , c'était impossible . Elle en riait quelque fois . Quand des photos tombaient dans ses mains , que son odeur revenait comme un esprit . Elle pouvait rire plusieurs minutes sans s'arrêter et par finir par se rendre compte de ce manque . Et au fil des jours , des semaines , les photos disparaissaient et son parfum à elle embaumait tout l'étage . Mais on ne pouvait pas se battre avec notre c½ur , notre mémoire . On perdait toujours , on restait perpétuellement con devant notre défaite . Et elle se sentait de plus de plus perdante ; mais bonne joueuse , elle répondait par un sourire ironique ; presque faux . Comme maintenant . Elle contemple le soleil se coucher et au fur et à mesure qu'il descendait dans l'horizon , elle , elle jouait avec ses sentiments . Sourire entre deux larmes . Du courage . Il en fallait de ce courage pour avancer .
Les rues deviennent sombres , la foule n'est plus , et il se sent mieux maintenant . Il n'a plus à se dissimuler . Tombant sa tête en arrière , sa capuche atterrie sur son dos . Il ébouriffe ses cheveux de ses mains et en tournant dans une impasse , il fait marcher son briquet tout prés de sa bouche . Laissant un long soupir s'évader de son corps fragile , il s'arrête devant la grande porte de l'immeuble . Il ne sait pas si il doit sonner ou pas . Il était devant chez lui après tout ... D'un doigt il vide sa cigarette et pousse le portail devant lui pour monter les centaines de marches . Il en fallait de la tentation pour monter aussi haut , tenter le pire .
Elle ne ferma pas les volets , elle aimait la nuit . C'était calme et le même morceau de musique se répétait des vingtaines de fois . Elle ne comptait plus , elle aimait les choses qui duraient éternellement , elle trouvait ca magique , presque irréel . Et le seul grand tee shirt qu'elle possédait sur elle-même tournait au fil de ses rondes , le rythme lui donnait le tournis mais ses yeux se fermèrent pour mieux comprendre la mélodie . Et elle tournait , et elle tourbillonnait sans s'arrêter . La sonnerie retentit et ses jambes tombèrent au sol . Elle prit sa tête dans les mains pour calmer l'excitation des dernières minutes . Son corps recroquevillé au sol donnait l'impression de douleur , alors que elle riait silencieusement . Elle aimait se perdre dans le vide . Une deuxième sonnerie , elle se relève avec peine pour éteindre brutalement la musique , lance la télécommande sur le fauteuil gris et se dirigea vers la porte . La musique retentissait toujours entre ses deux oreilles et pourtant ses yeux pleuraient toujours un peu .
La musique était tellement forte , tellement intense , il s'en souvenait de cette chanson . C'était leur préférée , celle qui les endormait chaque soir , où sur laquelle ils inventaient des histoires fantastiques , celle où ils savaient s'aimer aussi fort que la passion du piano . Elle restait ancré dans sa mémoire à lui aussi . Il ne savait pas le nom , le disque était resté chez elle et plus jamais il n'avait réussi à le retrouver . Il reste bloqué devant l'entrée , se laissant guider . Ses yeux se ferment aussi rapidement que le morceau recommence . Instinctivement , il appuya sur la sonnette pour réveiller sa propre âme de ce souvenir . Un choc brutal de l'autre côté de la porte . Puis plus rien . Il tenta une deuxième fois et attendu jusqu'à ce que la musique s'arrête . Il se place contre le mur et attend que la poignée se torde pour installer de nouveau sa cigarette sur ses fines lèvres . Le pied en hauteur , pour mieux se tenir contre la façade , il attend de pouvoir rentrer afin de respirer de nouveau .
Elle tire la porte vers elle et regarde droit devant . Son c½ur saute dans sa gorge pour rattraper ses mots . Pour enlever chacune des phrases que elle était prête à dire et repart à sa place initiale pour laisser tomber son corps dans une stature statique . Il était donc revenu . Quel Salaud . Sa main se crispe sur le bois brun et elle sait que son regard se resserre en même temps . Il la fixe aussi fort qu'elle et d'une main il remonte le col de sa veste en cuir .
« Je peux rentrer ? » Demande t-il doucement .
« Pour quoi faire ?
« Prendre une douche .
« Je croyais que quand on était célèbre , on avait tout le temps pour pouvoir se laver . Tu as perdu le chemin pour ton hôtel ?!
« Arrête . J'ai passé une journée éprouvante ... Et j'étais plus proche de notre appartement toute façon .
« Tu connais le chemin ... »
Elle se retire du passage la tête baissée . Il s'avance la tête haute . Bien sur qu'il savait le chemin . Et l'odeur était toujours la même , ce parfum restait accroché à chaque meuble et se mélangeait très bien avec l'arôme aigre de la fumée de leurs milliers de cigarettes .
« Tu fumes encore alors ? » Dit il en prenant une serviette dans le buffet .
« Oui toujours . Faut bien combler les heures de solitude .
« Je comprends ... »
Il rentre dans la salle de bain , sans fermer . C'était une de leurs habitudes , jamais fermer les portes , ils n'aimaient pas ça . Et elle pouvait l'entendre parler à travers le rideau blanc qu'ils s'amusaient à customiser . Mais l'eau effaçait chaque jour un peu plus l'encre . Et les sourires qu'ils avaient tracés se transforment en visage macabre , qui lui faisait tourner le regard dès que l'eau atteignait son corps.
« Raconte moi tes journées , " le nouveau dans la chanson " . »
L'eau se met en route , elle se remet dans son fauteuil en jouant avec leur poison pas encore allumé entre les doigts .
« Mes journées ? Ca dépend . Soit je pourrais mourir pour revenir à la normale , soit je me trouve juste le plus chanceux du monde . C'est au choix , et je suis un peu perdu .
« Tu devrais aimer ça ; toi qui n'a jamais aimer être fixé trop longtemps .
« Peut-être ...
« Et ton frère ? Demanda-elle en expirant la première bouffée de fumée .
« Toujours pareil . Tu lui manques un peu .
« Lui aussi . »
La discussion était ridicule . Elle restait mal à l'aise de savoir qu'il était revenu et si elle avait pu elle lui aurait mise ses derniers mois en pleine figure . Mais les cernes en dessous de ses yeux lui annoncer rien de bon . Il était mal lui aussi . Mais il ne le montrait juste pas . Elle reperd son regard dans le paysage sombre par la fenêtre et posant la cigarette sur le bord du cendrier , elle profita du moment pour absorber de tout son être le parfum qui sortait maintenant de la pièce d'eau . Ils avaient le même shampoing avant , et elle avait continué à le prendre pour se rappeler encore un peu plus de lui . Mais il s'était servi , peut-être pour faire comme elle ... Elle sourit derrière sa main , les yeux perdus sur les étoiles scintillant aussi fort que les pupilles sur lesquelles elle était tombée tout à l'heure . Elle réfléchissait à ce qu'elle avait ressenti à sa vue . De la souffrance en premier . Celle qu'elle avait reniée tout ces mois ci . Puis ce soupçon de haine qui remontait très doucement pour devenir agressive en fin de compte . Sa respiration s'accélère , son c½ur se serre , ses poumons s'écrasent , la fumée passe mal , elle commence à s'étouffer . Non pas maintenant , pas de crise maintenant . Il ne devait pas savoir à quel point elle souffrait de l'intérieur ; merde .
« Ça va ?! »
Elle continue à s'asphyxier , la tête dehors , pour qu'il ne l'entende pas .
« Si ça va pas mieux , je vais devoir sortir tout nu . Ce n'est pas cool , il fait froid . »
Elle rit à travers deux suffocations , mais rien ne s'arrange . Elle s'accroche à la rambarde et penche son visage dans le vide . C'était haut ... Ils étaient seul en apesanteur . Pourquoi était-il revenu ce con ? Elle continue à se battre avec l'air autour d'elle , elle crache toute la vapeur de son corps , sentant sa gorge vomir tout ce qui était mal dans ses poumons . Il continuait malgré tout à lui faire mal . Les larmes venaient quand elle avait le dessein de penser à lui , et maintenant qu'il était tout près , elle ne sentait plus l'air revenir dans ses sens . Elle le savait que quelque chose tournait à l'envers chez elle , mais elle n'acceptait que mal que elle soit attachée à une personne . Son souffle court provoquait toujours cette buée blanche qui se propageait dans l'air refroidit par les heures qui passait aussi vite que les secondes . Attrapant de ses doigts l'endroit où était son c½ur , elle serra aussi fort que elle en voulait au jeune homme , et elle calmait ses ardeurs en respirant par grade . Des gémissements tremblaient entre les immeubles , dans les rues ; elle voulait de l'aide , mais celui qui était le plus près ne savait pas comment lui parler , comme pouvoir la calmer ?
« T'es sûre que ça va ? »
Elle ne se retourne pas , elle tourne son regard vers le ciel pour supplier les étoiles de l'aider , mais elles ne bougeait pas , restaient aussi statique et doucement lui donnait ses quelques larmes qui brouillaient de nouveau sa vue . Elle pince ses lèvres en même temps de fermer ses paupières . Allé , tu sais comment on fait normalement .
Il était mal , il ne voyait que ses jambes qui se cramponnaient entre les barreaux et ses cris étouffés qui remplissaient la pièce . Il était incapable de bouger , la serviette entre la main , il la regardait souffrir . Il le savait que elle ne le voulait plus , que elle ait déjà trop attendu pour accepter qu'il revienne . Mais il avait cette attirance , cette tentation , cette envie subite de la revoir . Pour calmer ses pensées , pour la regarder dormir , la sentir près de lui et repartir le lendemain . Mais il était incapable . Maladroit , il aurait put déjà s'en aller pour que elle calme ses pleurs . Mais pourquoi pleurais t'elle ? Pourquoi se cache t'elle ?
« Tu veux que j'appelle un médecin ? »
Elle entrouvre ses yeux pour fixer de nouveau le ciel noir . Il était ignorant , mon dieu qu'il était con . Il était la cause , elle n'avait pas la peine de ressentir des mains inconnues sur elle pour savoir une raison inverse . Elle relève son dos pour qu'il ne voie rien que sa tête nier sa proposition . Il soupira mais ne bougea pas .
« T'es sure ... ? »
« OUI ! »
Elle s'accroche encore plus sur la rampe , ses ongles rentrant dans sa peau . Ça lui déchirait la poitrine de prononcer un simple mot . Et sa présence l'irritait encore plus , lui donnait de la peine pour vivre normalement . Quel égoïste . Il resta silencieux , il le sentait tout ça . Mais il voulait l'aider , la pousser un peu plus pour lui faire comprendre que c'était fini . Que il était prêt à revenir .
« Tu n'es pas bien ... Je pense que c'est bonne idée tu sais . Dit il en s'avançant vers elle .
« ARRÊTE ! »
Ses hurlements faisaient trembler les vitres . D'une main elle l'avait stoppé dans son mouvement et elle s'accrochait dans le tissu de son tee-shirt pour le rendre encore plus vulnérable dans son envie de l'aider . Il s'accroche à son poignet et en desserrant ses crocs , il lui fait remonter son regard . Il se fixa sur les quelques larmes qui coulaient le long de ses joues creuses . Il avait oublié combien elle était blanche de peau naturellement , et que ses gouttes couleur goudron faisaient toujours un contraste sublime . Elle lui suppliait des yeux et sa lèvre inférieure tremblait , aussi violemment que ses pupilles bougeaient entre celles du jeune homme . Il sent de plus en plus la douleur s'immisçait dans son être , au fur et à mesure qu'il contemple l'appel au secours de l'adolescente .
« Pourquoi tu pleures ... ?
« T'es si ignorant que ça ?! Mais ouvre les yeux Bordel ! »
Ayant un geste de recul devant ses cris , elle s'écroule au sol . Il était immobile lui aussi . Mais de quoi parlait-elle ?
« Tu veux que je parte ? » Murmure t-il très lentement , hésitant .
Elle glisse sa manche sur ses joues et passe sa main dans ses cheveux , les genoux au sol . Non , elle ne voulait pas qu'il parte . Elle l'aimait à en souffrir . A en mourir comme ça . Asphyxié d'amour . Mais tout allait de travers , même pas comme dans ses propres rêves . Mais qui commandait le déroulement de sa vie ?
« Non ; reste . »
Il acquise de la tête , la bouche pincée .
« Alors explique moi .
« T'expliquer quoi ? »
Sa cage thoracique se soulève de plus en plus normalement . Elle s'emplit au fur et à mesure de l'air qui lui manquait . Elle se sent guérir peu à peu dans ce cadavre vivant .
« Pourquoi tu te fais aussi mal ?
« Je vais très bien .
« Arrête de me mentir.
« A oui . C'est ton domaine à toi de mentir .
« Arrête .
« Arrêter quoi ? De te rappeler ton petit passé d'inconnu ?
« De vouloir absolument te venger .
« A quoi ca m'aiderai ?
« De te sentir mieux .
« Tu te sens bien toi ?
« Non .
« Alors qu'est ce que tu fais pour aller mieux ?
« Je chante .
« Pathétique . »
Elle se relève douloureusement , pour attraper sa boîte de cigarette sur le bord de la table . C'était pas la meilleur solution , mais il fallait calmer la boule au fond de ses tripes . Ses mains tremblent , elle a dut mal à allumer le bout . S'énervant sur le briquet , elle laisse tomber quelques secondes plus tard . Et lui qui la fixait ...
« Pourquoi tu me regardes ? Ça va mieux je te dis !
« T'es devenue différente ...
« A ouai ? Tant mieux . »
Elle lui répond , lui crachant presque dessus , pour le dégoûter encore un peu plus . Elle s'affale de nouveau devant la fenêtre grande ouverte .
« Et j'ai changé en quoi ?
« T'es désagréable , je n'ai pas vu une seule fois ton sourire , mais qu'est ce que t'es devenu ... ?
« Un pantin malheureux . »
Il n'a pas le droit à ses yeux , jusqu'à à son profil . Elle touche subtilement ses cheveux , et semble repartie dans un monde , ailleurs .
« Pourquoi tu m'en veux ?
« Pourquoi es tu venu ? Demande t-elle pour ne pas répondre .
« Tu ne réponds pas à ma question .
« Toi non plus . »
Un long silence s'installe entre les deux jeunes adultes brisés . Qui des deux répondra à la question dont la réponse restait une plaie terriblement entrouverte . Lui , s'installa sur la table , balançant ses jambes dans la vide puis avant de parler , pris l'une des plus grand inspiration dont il était capable .
« Tu me manquais . »
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Bon voila une OS en deux partie . Donc voici ... La première partie. x)
J'ai enlevé l'OS à propos de Tom parce que j'en avais beaucoup trop
honte =') Voila ; j'attends toujours vos commentaires avec impatience . :D